Je veux facilement comprendre... la gonarthrose

C’est quoi l’arthrose ?

L’arthrose est l’usure du cartilage qui recouvre les extrémités osseuses au niveau d’une articulation. C’est la plus fréquente cause de maladies articulaires.

L’arthrose du genou : c’est quoi ?

Au genou, l’extrémité inférieure du fémur, l’extrémité supérieure du tibia et la face postérieure de la rotule sont recouverts d’une couche de cartilage. Les mouvements articulaires se font donc par l’intermédiaire des frottements et glissements entre ces surfaces cartilagineuses (figure). L’usure est variable :

  • elle peut être incomplète avec diminution de l’épaisseur du cartilage dont la surface devient irrégulière et gêne le mouvement et le rend douloureux ;
  • elle peut être complète, avec disparition du cartilage : le contact articulaire se fait alors os contre os, ce qui explique l’importance des douleurs.

La radiographie est un examen simple permettant de voir indirectement l’importance de ces types d’usure du cartilage.

Quelles sont les causes d’une arthrose du genou ?

Elles sont multiples. L'arthrose primitive de genou survient sans cause apparente. Néanmoins, certains facteurs favorisants sont souvent retrouvés, tels :

  • un âge supérieur à 50 ans,
  • le sexe féminin,
  • l’obésité,
  • une anomalie des axes entre fémur et tibia.

L'arthrose secondaire de genou a comme causes principales :

  • une fracture ancienne ou des microtraumatismes du genou (traumatismes minimes mais à répétition),
  • une rupture ligamentaire ancienne,
  • une lésion d’un ménisque, surtout si ce ménisque a du être enlevé.
  • Infections intra-articulaires, rhumatismes inflammatoires chroniques, …

Comment se manifeste la gonarthrose ?

Le symptôme habituel de l’arthrose est représenté par la douleur. Cependant, l’intensité de la douleur n’est pas proportionnelle au degré de sévérité de la destruction cartilagineuse. Elle est localisée soit à la partie antérieure, ou latérale du genou, rarement au niveau postérieure. La douleur peut s’irradier vers la jambe. Elle est  favorisée par la marche, notamment sur un terrain accidenté ou la descente d’escaliers, les positions assises prolongées et les changements de position (de la position assise à la position debout). Parfois, le patient perçoit une sensation  de craquement ou de « jambe qui lâche».

La raideur du genou survient plus tardivement, caractérisée par une limitation des mouvements, pouvant être à l’origine d’une gêne ou handicap fonctionnel important.

Plus tardivement, et témoignant d’une arthrose évoluée, une déformation du genou peut se développer: le membre inférieur s’incurve. Ces manifestations retentissent progressivement sur la marche qui devient limitée et peut nécessiter l’utilisation de cannes.

 

Peut-on traiter la gonarthrose ?

Il n’y a pas de traitement curatif de l’arthrose.  Le traitement a pour but  de soulager la douleur et de ralentir la destruction articulaire.

En effet, il n’existe  à l’heure actuelle aucun médicament  qui permet de régénérer le cartilage usé. Le traitement de la douleur est essentiellement médical à base de paracétamol à dose suffisante. Les anti-inflammatoires, seulement sur prescription médicale, peuvent être nécessaires en cas de douleur plus intense non soulagée par le paracétamol seul. Des infiltrations intra-articulaires de corticoïdes (anti-inflammatoires) sont bénéfiques pour les douleurs intenses. Une visco-supplémentation a un effet antalgique au long terme. Il s’agit d’une injection intra-articulaire de médicament remplaçant le rôle du cartilage défaillant.

 

Pour ralentir la progression de l’arthrose, le médecin préconise :

  • l’économie articulaire: capitale, elle consiste à éviter la marche et/ou la station debout prolongée, à favoriser la marche à pied mais ne pas forcer en cas de douleur, éviter la marche sur un terrain accidenté et les descentes d’escaliers, …
  • l’utilisation d’aides techniques (cannes anglaises, semelles orthopédiques) peut s’avérer nécessaire ;
  • privilégier le port de chaussures à semelles souples et éviter les chaussures à talons hauts et fins.
  • la réduction d’une surcharge pondérale.
  • l’échec éventuel de ce traitement avec apparition de déformations du membre inférieur peut conduire à une correction chirurgicale.

 

Pour l’entretien de la mobilité articulaire, il faut :

  • des  exercices réguliers d’entretien des amplitudes articulaires et de l’endurance musculaire,
  • une auto-rééducation à domicile.

Dr RAKOTOHARIVELO Hendry, Dr RALANDISON Stéphane