Je veux facilement comprendre... la polyarthrite rhumatoïde

Qu’est ce que la polyarthrite rhumatoïde ?

La polyarthrite rhumatoïde (PR) est un rhumatisme inflammatoire chronique caractérisé par une inflammation de plusieurs articulations. Les articulations sont gonflées et deviennent douloureuses et leurs mobilités sont limitées ; elles peuvent se déformer et se détruire progressivement.

Est-ce que c’est une maladie fréquente ?

Elle est relativement fréquente par ce qu’elle atteint 0,5 à 1% de la population dans les pays occidentaux. La maladie atteint surtout les  femmes à partir de la quarantaine.

Quelles sont les causes de la PR ?

Actuellement,  on ne connaît pas la cause exacte de la maladie, on sait seulement que c’est une maladie auto-immune c'est-à-dire que ce sont les cellules du système immunitaire de l’organisme elles-mêmes qui produisent des anticorps nocifs appelés « auto-anticorps » qui s’attaquent aux articulations. Certains facteurs génétiques contribuent à la survenue de la maladie. Le tabac augmente également le risque d’apparition de la PR.

Quelles sont les articulations atteintes ?

Dans la plupart des cas, la PR touche d’abord les mains, les poignets, les genoux et les articulations des pieds. L’atteinte est bilatérale et globalement symétrique.  Puis avec le temps, les épaules, les coudes, la nuque, les mâchoires, les hanches et les chevilles peuvent également être touchés.

Comment se présente cette atteinte articulaire ?

Les articulations atteintes sont douloureuses surtout pendant la deuxième partie de la nuit et au petit matin, ou après une période de repos prolongé puis elles sont gonflées, chaudes et parfois rouges. Le matin au réveil, les articulations sont devenues raides, surtout les doigts de la main, cette raideur s’atténue après une mobilisation de 30 à 60 minutes voire plus. Cependant la raideur peut revenir dans la journée après une période d’inactivité prolongée.

Comment fait-on le diagnostic ?

Il est important d’obtenir un diagnostic précoce pour bénéficier d’un traitement efficace. Au début, le diagnostic n’est pas facile. Un examen clinique associé à un examen biologique et parfois un examen radiologique sont nécessaires pour rechercher les signes inflammatoires et les auto-anticorps.

Quelles sont les complications de la maladie ?

Les complications sont, tout d’abord, les déformations des articulations touchées. Puis la destruction articulaire qui entraîne à son tour une perte de la dextérité ; cette destruction est irréversible. Les patientes ont des difficultés pour faire des gestes simples comme tourner une poignée, tenir un crayon et deviennent invalides.

Est-ce qu’il y a des atteintes extra-articulaires ?

Oui, l’inflammation peut toucher d’autres organes. Les yeux peuvent être atteints dans 25% des cas, on a une sécheresse des yeux et de la bouche. Le cœur, les poumons, les reins peuvent être touchés. Une anémie est fréquente.

Comment évolue cette maladie ?

L’évolution de la PR est imprévisible et s’avère très variable d’une personne à l’autre. Dans la majorité des cas, la maladie s’installe insidieusement sur plusieurs semaines ou plusieurs mois. En règle générale, la maladie a tendance à s’aggraver et à toucher de plus en plus d’articulations.

Quels sont les traitements ?

D’abord, l’objectif du traitement  est la rémission, c'est-à-dire l’absence des signes inflammatoires cliniques et biologiques et l’arrêt de la progression de la destruction articulaire.

Le traitement comporte deux parties, la première est le traitement d’attaque qui vise surtout à soulager la douleur. Ce sont les anti-inflammatoires non stéroïdiens et les corticoïdes. La deuxième partie est le traitement de fond qui agit directement sur la maladie en combattant les cellules immunitaires qui attaquent les articulations. Un exercice physique adapté permet de maintenir la souplesse articulaire et la force musculaire. Parfois, la rééducation fonctionnelle est utile. Lorsque la destruction articulaire empêche les gestes de la vie courante, on peut recourir à la chirurgie.


Dr RAKOTOVAO Haja