Je veux facilement comprendre...l'arthrose dorso-lombaire

C’est quoi une arthrose dorsolombaire?

Au niveau du rachis dorsal et lombaire, l’articulation principale est celle qui unit les corps des vertèbres entre elles : le disque intervertébral est l’élément central de cette articulation. Ces structures peuvent être le siège d’une arthrose qui est l’usure du disque intervertébral et du cartilage.

Quels sont les facteurs de risque d’une arthrose dorsolombaire ?

L'usure de l’articulation en est le plus souvent la cause. Elle peut résulter:

  • d'une posture anormale : hyperlordose (exagération de la courbure du rachis lombaire),  scoliose (déviation latérale des vertèbres),
  • ou d'une mauvaise position répétitive lors de la pratique d'un sport ou au travail. 

L’arthrose des vertèbres dorsales est beaucoup moins fréquente que la lombarthrose (arthrose des vertèbres lombaires). La lombarthrose est la plus fréquente des arthroses.
Les travailleurs de force (maçons, déménageurs, manutentionnaires…), les chauffeurs, les sportifs, les obèses sont touchés plus tôt et souvent plus intensément que les autres. Il en va de soi que la fréquence de la maladie augmente avec l’âge car l'usure est liée à la dégénérescence du disque intervertébral. Paradoxalement, l’affaiblissement des muscles du tronc (du à manque d’exercices physiques, obésité,…) est également une cause fréquente de lombarthrose. Plusieurs de ces facteurs peuvent être rencontrés chez un même individu.

Comment se manifeste une arthrose dorsolombaire?

L'arthrose lombaire se localise le plus souvent au niveau de la 5ème vertèbre lombaire (L5) car c'est à cet endroit que les contraintes mécaniques sont les plus fortes. 
Les douleurs augmentent avec les mouvements et l'exercice physique. Les mouvements de la colonne vertébrale (flexion antérieure, flexion latérale, extension) sont plus ou moins limités selon l'ampleur de l'atteinte arthrosique.

Des douleurs intenses et aiguës au décours d’un effort de soulèvement ou autres surmenages articulaires peuvent se manifester. Le patient se plaint d’une douleur lombaire basse « en barre », le bloquant en flexion antérieure du tronc : c’est le lumbago (coup de reins). Des irradiations douloureuses suivant un trajet précis vers le(s) membre(s) sont présentes dans 50% des cas : c’est la douleur sciatique ou crurale. Une hernie discale (sortie du disque intervertébrale de sa loge habituelle, venant comprimer le nerf sciatique) peut en être la cause.

L’arthrose dorsale est souvent indolore, car le dos est peu mobile. Les douleurs vertébrales dorsales doivent impérativement faire chercher une autre cause qu’une arthrose.

Quels examens complémentaires votre médecin pourrait-t-il vous prescrire pour le diagnostic ?          

Les examens biologiques sont à priori normaux ne sont pas indispensables pour porter le diagnostic. La simple radiographie du rachis dorsolombaire montre les signes d’arthrose, mais peut également être normale durant les premières phases de la maladie. Il n'existe aucun parallélisme entre l'importance de la douleur et les lésions radiographiques.

Evolution

L'évolution de la maladie arthrosique se fait toujours dans le sens de l'aggravation radiologique, avec une vitesse plus ou moins variable. En revanche, comme " plus on vieillit, moins on bouge " la symptomatologie douloureuse des arthroses vertébrales non compliquées s'estompe avec l’âge. Très gênante et invalidante entre 40 et 50 ans, l'arthrose vertébrale semble l'être beaucoup moins au-delà de 65 ans.

Traitement

Le repos calme les poussées douloureuses d'arthrose.

Lors de crises aiguës, le port d’un corset d’immobilisation vertébral peut mettre la musculature au repos et maintien un bon positionnement.

Les médicaments contre la douleur soulagent le patient sans traiter l’arthrose. Les anti-inflammatoires, uniquement sous prescription médicale sont réservés aux périodes de crises. Ils peuvent être donnés par voie orale ou par voie locale (sous forme d’infiltrations de corticoïdes).

La rééducation (kinésithérapie, balnéothérapie, tractions, ergothérapie, corset, minerve, etc.) a une place particulièrement importante. Les moyens de rééducation utilisés diffèrent selon l’objectif recherché.

Dr RAKOTOHARIVELO H, Dr RALANDISON Stéphane