L'allopurinol et traitement de l'accès de goutte

La prise en charge de la goutte requiert la compréhension de la différence entre les trois éléments physiopathologiques et cliniques suivants: 

- la crise de goutte: elle est due à l'inflammation articulaire aigue causée par la présence de cristaux d'urates de sodium dans l'articulation. Cette crise douloureuse aigue se traite par la Colchicine et/ou les anti-inflammatoires (non stéroïdiens)

- la maladie goutteuse: elle est due à une hyperuricémie chronique. L'évolution de la goutte est entrecoupée de crises articulaires aigues répétitives et la survenue des complications en particulier rénale, cutanée et ostéo-articulaire. L'allopurinol fait partie des médicaments hypo-uricémiants les plus utilisés

- les comorbidités: la goutte est souvent associée à l'hypertension artérielle, obésité, dyslipidémie et diabète. Il faut systématiquement rechercher et prendre en charge ces différents facteurs de risque cardio-vasculaire en même temps que la prise en charge de la goutte elle-même.

La prise en charge d'un goutteux doit ainsi tenir compte de ces différents éléments et ne doit pas se limiter à la Colchicine et l'allopurinol, ce qui est souvent le cas chez les patients vus en Rhumatologie, CHU JRB. Ainsi, l'allopurinol n'est pas un traitement d'une crise de goutte, mais un médicament hypo-uricémiant. Donner de l'allopurinol peu de temps après une crise de goutte peut même entretenir ou faire déclencher un nouvel accès articulaire aigu. 

Vous trouverez en fichier attaché à cet article les recommandations de l'EULAR 2009 concernant la prise en charge de la goutte.