Les antalgiques, ces médicaments contre la douleur

LES ANTALGIQUES OU LES MEDICAMENTS ANTIDOULEURS

Dr RAKOTOHARIVELO Hendry, Dr RALANDISON Stéphane

Service de Rhumatologie, CHU JRB Befelatanana, Antananarivo

 

Qu’est ce qu’un antalgique ?

Le mot «antalgique » vient du grec « an » : privatif et « algos » : douleur.  Les antalgiques sont des variétés de médicaments permettant d’atténuer, voire de supprimer la douleur. L’administration de ces médicaments peut se faire par différentes voies : orale, injections intramusculaires ou intraveineuses, rectale (lavement ou suppositoires), locale (application de crèmes).

La douleur est un symptôme révélateur d’une atteinte ou d’un mauvais fonctionnement  de l’organisme. Leur suppression permet au malade un meilleur confort, mais présente néanmoins quelques dangers, en supprimant le signe d’alerte qu’elle représente. Aussi, la présence d’une douleur et la prise d’un antalgique doit toujours motiver  une consultation médicale.

Où agissent les antalgiques ?

Lors d’une agression physique (coups, brûlure, …) et/ou chimique (acide, …), l’organisme réagit en produisant des prostaglandines (hormones) qui ont pour rôle de stimuler des récepteurs nerveux, interprétés comme une douleur par le cerveau. On a ainsi deux types d’antalgique : périphériques et centraux.

  • Les antalgiques périphériques dits « de Palier I » :

Ce groupe d’antalgiques se divise encore en deux sous-groupes :

  • Ceux qui empêchent la production de ces prostaglandines, comme l’aspirine (appelée également acide acétylsalicylique) et les autres anti-inflammatoires non stéroïdiens ou AINS (diclofénac, ibuprofène, acide niflumique,…)
  • Ceux qui agissent directement en bloquant l’influx nerveux (ou stimulus) douloureux au niveau du cerveau, comme le paracétamol (efficace également contre la fièvre).
  • Les antalgiques centraux : ils agissent en bloquant le flux douloureux au niveau du cerveau ou de la moelle épinière.  Ce sont des antalgiques dérivés de la morphine. Il y a les morphiniques mineurs ou « de Palier II » (codéine, dextropropoxyphène) et les morphiniques majeurs ou « de Palier III » (morphine, buprénorphine, …).

Comment choisir les antalgiques ?

Seul le paracétamol peut être pris sans prescription médicale chez un patient qui n’a pas d’antécédents de maladie hépatique (maladie du foie) ou d’allergie connu au médicament. Le choix des antalgiques se fera en fonction de :

  • l’intensité de la douleur
  • l’efficacité de l’antalgique sur la douleur.

En tenant compte des contre-indications, les prescriptions d’antalgiques se font généralement par ordre croissant (du Palier I au Palier III), sauf cas exceptionnels. Généralement, on commence ainsi par le paracétamol ou un AINS. En cas d’inefficacité, on peut prescrire les  « morphiniques dits mineurs », seul ou en association avec les médicaments de palier I. Les antalgiques de palier II et III sont sous prescription médicale stricte.

Dans certaines situations où la douleur est d’emblée intense, on peut choisir en premier un antalgique de palier II ou III.

A côté de ces traitements purement antalgiques, il existe d’autres médicaments qui favorisent l’action des antalgiques ou qui agissent sur la cause de la douleur : les co-analgésiques. Ce sont les corticoïdes, les antidépresseurs, les anxiolytiques ou les neuroleptiques, les antiépileptiques et les antispasmodiques.

 

Les antalgiques ont-ils des effets secondaires ?

 

Comme tous les médicaments, tous les antalgiques ont un effet secondaire potentiel dont certains peuvent être graves. Même les antalgiques périphériques en vente libre dans les pharmacies peuvent occasionner des effets secondaires dangereux :

  • l’aspirine possède des effets fluidifiants sur le sang d’où un risque hémorragique assez important. Elle peut également occasionner des problèmes sur l’appareil digestif notamment l’estomac (risque d’ulcère gastro-duodénal).
  • le paracétamol peut entraîner des problèmes d’allergie, de destruction du foie (cytolyse hépatique).

Les antalgiques centraux, quant à eux, ne sont délivrés que sur prescription médicale. Les principaux effets secondaires comprennent constipation, somnolencenauséesvomissements,… Une perte de connaissance et des difficultés respiratoires figurent parmi les plus graves effets secondaires. Ce type de molécule expose également à une dépendance physique à l’origine d’une addiction.