Ma patiente a mal au dos : que faire ?

L’essentiel dans la démarche diagnostique est de différencier la lombalgie commune d’une lombalgie symptomatique. Dans la lombalgie chronique, il est important d’individualiser les causes organiques des causes fonctionnelles en relation avec des problèmes psychologiques et/ou socio-professionnels.

Le lumbago ou lombalgie commune constitue la première cause d’une lombalgie aigue par sa fréquence. La présentation typique en est une lombalgie de survenue brutale, de type mécanique, après un effort de soulèvement, chez un sujet jeune. L’absence de fièvre, ni d’antécédents pathologiques notables chez un patient avec des antécédents de lombalgie aigue similaire et spontanément résolutive sont des arguments supplémentaires. La sciatique vertébrale commune, souvent associé à une lombalgie (lombosciatalgie), est caractérisée par une douleur à type de décharge électrique, impulsive, suivant un trajet nerveux bien défini le long d’un membre inférieur. L’examen physique permet de voir les signes de la sonnette, Lasègue et une abolition ou diminution du reflexe achilléen.

Le diagnostic d’un lumbago et d’une lombo-sciatalgie commune est surtout clinique, les examens complémentaires ne sont indiqués qu’en cas de doute diagnostique (ou en vue d’un traitement chirurgical pour la lombo-sciatalgie avec signes de gravité). Le traitement se base sur les antalgiques + anti-inflammatoires, le repos articulaire suivi d’une reprise le plus précocement possible des activités physiques.

La lombalgie chronique se définit par une douleur persistant au-delà de 3 mois, ou une rechute fréquente de lumbago à intervalle rapproché. Les facteurs de chronicité d’une lombalgie sont :

  • D’ordre anatomique : âge > 45 ans, antécédents de lumbago (à répétition) ou de chirurgie lombaire, syndrome trophostatique, insuffisances musculaires para-vertébrales et de la sangle abdominale, mauvaise cicatrisation d’une entorse ligamentaire vertébrale postérieure, discopathie dégénérative avec ou sans hernie discale
  • D’ordre psychologique et socioprofessionnel: non reconnaissance d’un accident de travail, conflit médico-légal, bas niveaux d’éducation et socio-économique, isolement familial, insatisfaction au travail, terrain anxio-dépressif, arrêt de travail prolongé lors de la prise en charge initiale d’une lombalgie.

L’arthrose inter-apophysaire postérieure est une cause fréquente de lombalgie chronique. Elle se manifeste par des douleurs « en bas du dos, en barre », d’horaire mécanique, irradiant souvent aux fesses et à la face postérieure de la cuisse, volontiers chez une femme présentant un syndrome trophostatique. La radiographie suffit souvent au diagnostic, la biologie est prescrite seulement s’il y a un doute sur une lombalgie symptomatique.

Les lombalgies symptomatiques regroupent les pathologies responsables d’une lombalgie de cause non dégénérative : tumeurs, infections, maladies inflammatoires et ostéopathies fragilisantes. La lombalgie a une allure inflammatoire ou mixte. Elles sont à rechercher systématiquement du fait de leur gravité potentielle à court et moyen terme. Il faut y penser devant : une lombalgie d’intensité progressive, d’horaire inflammatoire ou mixte, devant une fièvre ou altération l’état général, chez un patient de moins de 20 ans ou plus de 50 ans, présence d’un antécédent récent de traumatisme violent, d’ostéoporose, de néoplasie, ou absence d’antécédent lombaire mécanique, devant un terrain poly vasculaire, un contexte de toxicomanie ou d’immunodépression.

Cet article est un extrait tiré du livre "La Rhumatologie au Quotidien". Merci de nous contacter pour avoir l'integralité du texte.