Questions pratiques sur la goutte

La goutte est un diagnostic trop souvent porté à l'excès à Madagascar et paradoxalement, les vrais goutteux ne sont vus en milieu spécialisé qu'au stade très avancé de lésions viscérales et/ou ostéoarticulaires. Les éléments suivants sont importants à retenir:

  • La goutte est dix fois plus fréquente chez l’homme que chez la femme. Le premier accès survient entre 40- 60 ans, volontiers  chez les hommes pléthoriques. Elle est rare avant la puberté et avant la ménopause.
  • L’hyperuricémie est le facteur déterminant de la goutte, mais hyperuricémie ne signifie pas goutte. Le risque de goutte dépend de la durée de l’hyperuricémie.
  • En cas de présentation typique (mono-arthrite aigu à début brutal, notamment au métatarso-phalangienne du gros orteil), un diagnostic clinique peut être raisonnablement retenu sans être formel.
  • La mise en évidence de cristaux d’urate dans le liquide synovial ou dans une formation tophacée permet de retenir de façon définitive le diagnostic.
  • Le taux d’acide urique sérique ne permet d’affirmer  ou d’exclure le diagnostic de goutte. Le dosage de l’uricémie est utile pour poser l’indication thérapeutique, non pour le diagnostic.
  • L’éducation du patient sur règles d’hygiène et l’observance thérapeutique sont des éléments clés de la prise en charge
  • La colchicine orale et/ou les AINS sont les traitements de première intention  des accès aigus. Les médicaments hypo-uricémiants sont à débuter à distance de la crise et associés initialement à la colchicine.
  • Les traitements uricofreinateurs ne sont indiqués que chez les patients présentant des accès récidivants, des arthropathies goutteuses, des tophus ou des signes radiographiques de goutte. L’allopurinol en est le traitement de référence.

Cet article est un extrait tiré du livre "La Rhumatologie au Quotidien". Merci de nous contacter pour avoir l'integralité du texte.